Qu’est-ce que l’espace Schengen ?
L’espace Schengen est un accord de libre circulation des personnes, qui regroupe un ensemble de 29 pays, sur le territoire européen. Mis en place progressivement depuis 1995, cet espace constitue aujourd’hui l’un des piliers majeurs de la construction européenne.
Il permet aux citoyens et aux voyageurs de circuler librement entre les États membres, sans contrôles aux frontières intérieures. Concrètement, cela signifie qu’une fois entré dans un pays de l’espace Schengen, il est possible de se déplacer d’un État à l’autre comme à l’intérieur d’un seul et même territoire.
Mais quels pays font partie de l’espace Schengen ? Quelle différence existe-t-il entre l’Union européenne et l’espace Schengen ? Faut-il un visa Schengen pour voyager en Europe ? Une assurance voyage est-elle obligatoire ? Avant de préparer un séjour en Europe, il est important de comprendre le fonctionnement de l’espace Schengen, les règles de circulation applicables ainsi que les formalités d’entrée selon votre nationalité et votre destination.
Quelle est l’histoire de l’espace Schengen ?
L’espace Schengen est né d’un accord datant de 1985 auquel ont originalement pris part l’Allemagne, la France, le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas. D’ailleurs, cet accord fut nommé du nom du petit village du Luxembourg où, le 14 juin 1985, il a été signé.
L’accord qui a donné naissance à l’espace Schengen fut établi afin de permettre la libre circulation des individus à l’intérieur des territoires des pays membres, territoires définis comme l’espace Schengen. Cette libre circulation des individus a donné lieu à l’abolition des contrôles frontaliers intérieurs.
Depuis son entrée en application progressive à partir de 1995 et l’entrée successive de nouveaux états, l’espace Schengen facilite les déplacements en Europe, qu’il s’agisse de voyages touristiques, professionnels, familiaux ou étudiants. Aujourd’hui, l’espace Schengen constitue la plus grande zone de libre circulation au monde.
Quels sont les pays membres de l’espace Schengen ?
Aujourd’hui, l’espace Schengen compte 29 pays membres. L’Italie a rejoint les rangs de l’espace Schengen en 1990, suivie de l’Espagne et du Portugal en 1991, de la Grèce en 1992 et de l’Autriche en 1995. En 1996, ce fut le tour du Danemark, de la Suède et de la Finlande. De plus, depuis 2008, on retrouve également l’Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Hongrie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Slovénie, la Suisse, et Malte. En 2022, c’est au tour de la Croatie de faire son entrée au sein de l’espace Schengen. La Bulgarie et la Roumanie ont d’abord rejoint l’espace Schengen pour les frontières aériennes et maritimes en 2024, avant d’en devenir membres à part entière au 1er janvier 2025, avec la levée des contrôles aux frontières terrestres intérieures.
Aujourd’hui, les pays membres de l’espace Schengen sont :
- Allemagne
- Autriche
- Belgique
- Bulgarie
- Croatie
- Danemark
- Espagne
- Estonie
- Finlande
- France
- Grèce
- Hongrie
- Islande
- Italie
- Lettonie
- Liechtenstein
- Lituanie
- Luxembourg
- Malte
- Norvège
- Pays-Bas
- Pologne
- Portugal
- République tchèque
- Roumanie
- Slovaquie
- Slovénie
- Suède
- Suisse
Les territoires de Monaco, de Saint-Marin, du Vatican et du Liechtenstein sont également considérés comme faisant partie de l’espace Schengen.
Il est toutefois important de noter que les territoires outremer des pays membres ne sont pas couverts par l’accord Schengen, par exemple : Aruba pour les Pays-Bas, le Groenland pour le Danemark, et la Martinique, la Guyane et la Guadeloupe en ce qui concerne la France.
Quelle est la différence entre l’espace Schengen et l’Union européenne ?
Ce ne sont pas tous les membres de l’Union européenne qui ont pris part à l’accord Schengen.
L’Irlande, ayant certaines réserves quant aux traités relatifs aux contrôles des frontières, a choisi de ne pas devenir un État membre de l’espace Schengen. Toutefois, le pays bénéficie quand même d’un statut particulier face à l’espace Schengen puisque depuis 1999, l’accord Schengen est intégré aux traités de l’Union européenne.
Contrairement à l’Irlande, la Norvège et l’Islande ont pour leur part choisi de signer des accords de coopération en relation avec l’espace Schengen, même si ces derniers ne font pas partie de l’Union européenne.
C’est également le cas de la Suisse et du Liechtenstein, qui ne sont pas membres de l’Union européenne, mais font bien partie de l’espace Schengen.
Cette distinction est importante pour les voyageurs : un pays peut appartenir à l’Union européenne sans faire partie de l’espace Schengen, et inversement.
Comment la sécurité de l’espace est-elle assurée ?
Même s’il y a eu disparition des contrôles intérieurs dans l’espace Schengen, les contrôles frontaliers aux aéroports, ports maritimes et frontières terrestres extérieures ont quant à eux été renforcés afin d’assurer la sécurité des citoyens vivant à l’intérieur de l’espace Schengen.
D’ailleurs, chaque nouveau membre de l’accord doit implanter certaines mesures de sécurité en plus d’implanter le Système d’Information Schengen, aussi appelé SIS. Le SIS est un élément essentiel à la sécurité de l’espace Schengen puisqu’il s’agit d’une base de données qui permet d’identifier les individus et les véhicules, en plus d’offrir aux différentes forces policières des États membres un système de signalement et d’échange d’informations.
Ce système permet notamment aux autorités compétentes de partager des alertes concernant des personnes recherchées, des documents perdus ou volés, ou encore certains véhicules signalés.
De plus, afin d’assurer la cohérence et l’homogénité des règles régissant les contrôles frontaliers extérieurs, tous les pays membres doivent appliquer les mêmes règles communes en matière de sécurité. Cette façon de procéder permet la libre circulation des individus tout en maintenant un haut niveau de sécurité, et ce, malgré l’absence de contrôles frontaliers internes.
Comment les nouveaux pays rejoignent-ils l’espace Schengen ?
L’implantation des mesures sécuritaires et du Système d’Information Schengen peut prendre plusieurs années, notamment lorsque des infrastructures frontalières, policières ou informatiques doivent être modernisées.
L’Union européenne a instauré certains programmes de financement afin d’aider les nouveaux membres à implanter et établir les structures nécessaires qui répondent aux normes de sécurité de l’espace Schengen.
Ces exigences concernent notamment :
- les frontières terrestres ;
- les frontières aériennes ;
- les frontières maritimes ;
- la délivrance du visa Schengen ;
- la coopération entre les forces policières ;
- ainsi que la protection des données.
Les nouveaux membres sont ensuite évalués par un groupe d’experts de l’Union européenne afin de vérifier que l’implantation est conforme et complète. Cette étape est indispensable avant la suppression effective des contrôles aux frontières intérieures.
Vers des nouveaux systèmes de contrôle aux frontière dans l’espace Schengen ?
Afin de renforcer la sécurité et de moderniser les contrôles aux frontières extérieures, l’Union européenne déploie progressivement de nouveaux systèmes numériques de gestion des entrées et sorties dans l’espace Schengen.
Depuis 2026, plusieurs pays de l’espace Schengen utilisent notamment le système EES (Entry/Exit System), un nouveau système automatisé d’enregistrement des voyageurs non européens entrant ou sortant de l’espace Schengen.
Ce système remplace progressivement le tampon manuel sur les passeports par un enregistrement numérique des informations du voyageur. Lors du premier passage à une frontière extérieure de l’espace Schengen, certaines données peuvent être collectées, comme :
- les informations du passeport ;
- les dates d’entrée et de sortie ;
- les empreintes digitales ;
- ainsi qu’une photographie du visage.
L’objectif du système EES est :
- de renforcer la sécurité aux frontières ;
- de lutter contre la fraude à l’identité ;
- de mieux contrôler les dépassements de durée de séjour ;
- et de fluidifier les contrôles à long terme.
Pour finir, il faut également souligner qu’un pays membre de l’accord Schengen peut, pour des raisons de sécurité nationale ou en cas de situation exceptionnelle, temporairement restreindre l’accès à ses frontières. Ces contrôles temporaires peuvent être décidés en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité intérieure, par exemple lors d’une crise, d’un événement international majeur ou d’un contexte sécuritaire particulier.
Comment obtenir un visa pour voyager dans l’espace Schengen ?
Pour obtenir un visa Schengen, il faut faire une demande auprès de l’ambassade ou du consulat du pays de destination. Lorsque le voyage prévoit plusieurs pays, la demande doit généralement être effectuée auprès du pays de destination principale.
À titre d’information, voici une liste non exhaustive des pays, par continent, pour qui le visa Schengen est obligatoire :
- Afrique: Afrique du Sud, Algérie, Angola, Bénin, Botswana, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Cap-Vert, Comores, Congo, Côte d’Ivoire, Djibouti, Égypte, Érythrée, Éthiopie, Gabon, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée Équatoriale, Kenya, Lesotho, Libéria, Lybie, Madagascar, Malawi, Maldives, Mali, Maroc, Mauritanie, Mozambique, Namibie, Niger, Nigéria, Ouganda, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, Rwanda, Sao Tomé-et-Principe, Sénégal, Seychelles, Sierra Leone, Somalie, Soudan, Eswatini, Tanzanie, Tchad, Togo, Tunisie, Zambie, Zimbabwe
- Asie: Afghanistan, Bangladesh, Chine, Inde, Indonésie, Irak, Iran, Jordanie, Kazakhstan, Kirghizstan, Koweït, Laos, Liban, Mongolie, Népal, Oman, Pakistan, Philippines, Qatar, Sri Lanka, Syrie, Tadjikistan, Taïwan, Thaïlande, Timor-Oriental, Turkménistan, Turquie, Vietnam, Yémen
- Amérique: Cuba, Guyana, Haïti, Jamaïque, Pérou, Suriname, Trinidad et Tobago, République dominicaine, Belize, Bahamas, Antigua-et-Barbuda, Barbade, Dominique, Grenade, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les Grenadines
- Europe: Russie, Turquie, Biélorussie, Arménie, Azerbaïdjan
- Océanie: Nauru, Palau, Papouasie-Nouvelle-Guinée, certaines îles des Mariannes, Fidji, Tonga, Tuvalu, Vanuatu
Le visa Schengen permet, dans la plupart des cas, de séjourner jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours dans l’espace Schengen. Il peut être délivré sous la forme d’un visa à entrée unique (une seule entrée dans l’espace Schengen) ou d’un visa à entrées multiples, permettant d’entrer et de sortir plusieurs fois pendant sa période de validité. Ainsi, un seul visa Schengen, il est possible de circuler dans plusieurs pays membres, à condition de respecter la durée autorisée du séjour.
Selon votre situation, il faudra donc constituer un dossier avec plusieurs documents dont :
- un passeport valide ;
- un justificatif d’hébergement ;
- une preuve de ressources financières ;
- un billet retour ;
- un certificat d’assurance voyage conforme aux exigences du visa Schengen
Selon les périodes de l’année, les délais d’obtention d’un visa Schengen peuvent varier fortement d’un consulat à l’autre. En période de forte demande, notamment avant les vacances d’été ou les fêtes de fin d’année, les rendez-vous et le traitement des dossiers peuvent prendre plusieurs semaines. Il est donc recommandé d’anticiper sa demande de visa Schengen le plus tôt possible afin d’éviter tout retard ou difficulté avant le départ.
De manière générale, avant tout départ au sein de l’espace Schengen, il est conseillé de vérifier les formalités d’entrée applicables à votre situation auprès des autorités consulaires compétentes.
L’assurance voyage est-elle obligatoire pour voyager dans l’espace Schengen ?
Lors d’une demande de visa Schengen, la souscription d’une assurance voyage Schengen est obligatoire pour que le dossier puisse être accepté. En effet, cette assurance est obligatoire pour tous les voyageurs soumis à un visa Schengen.
Elle doit notamment couvrir :
- une couverture minimale de 30 000 euros pour les frais médicaux d’urgence ;
- l’hospitalisation ;
- le rapatriement ;
- la responsabilité civile vie privée
Au-delà de son caractère obligatoire pour l’obtention d’un visa Schengen, l’assurance voyage permet surtout de voyager plus sereinement pendant son séjour en Europe.
En cas de problème de santé, d’accident ou d’hospitalisation, les frais médicaux à l’étranger peuvent rapidement être élevés pour les voyageurs non couverts.
L’assurance voyage Schengen permet ainsi de bénéficier d’une couverture minimale de 30 000 euros pour les frais médicaux d’urgence, l’hospitalisation, le rapatriement sanitaire et la responsabilité civile vie privée. Elle constitue donc une protection essentielle avant tout voyage dans l’espace Schengen.
Vous l’aurez compris, aujourd’hui, l’espace Schengen joue un rôle central dans les déplacements en Europe, aussi bien pour les voyageurs que pour les étudiants, les professionnels ou les familles. Si la circulation entre les pays membres est facilitée, certaines formalités restent indispensables avant le départ, notamment en matière de visa et d’assurance voyage. Bien anticiper son dossier et vérifier les conditions d’entrée applicables à sa situation permet ainsi de préparer son séjour plus sereinement et d’éviter toute difficulté lors du voyage.
Bien que nous fassions de notre mieux pour vous fournir des données vérifiées et actualisées, il est possible que les informations soient sujettes à des changements. Nous vous conseillons de vérifier la validité des informations auprès des autorités compétentes. ACS ne sera en aucun cas responsable de tout désagrément survenu suite aux informations mentionnées ci-dessus.
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