Jeune femme en blouse cherchant des médicaments dans une officine

Que faut-il savoir sur les soins médicaux à l'étranger ?

Écrit par : Daniel Levy

Nul n’est à l’abri d’une maladie ou d’un accident pendant un séjour à l’étranger. Avant de partir en vacances, d’étudier ou de s’installer dans un autre pays, il est donc important de se renseigner sur le système de santé local, la qualité des infrastructures et le coût des soins. Cette préparation permet de savoir vers quel établissement se tourner en cas de problème et d’éviter de devoir supporter seul des dépenses médicales importantes.

Petit point sur les soins médicaux à l’étranger


Combien coûtent les soins médicaux à l’étranger ?

Le prix d’une consultation, d’un examen ou d’une hospitalisation varie considérablement selon le pays, la ville, l’établissement et le caractère public ou privé des soins.

Les États-Unis font partie des destinations où les frais médicaux et hospitaliers peuvent atteindre des montants particulièrement élevés. Une consultation, un passage aux urgences, une ambulance ou une intervention chirurgicale peuvent rapidement représenter plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de dollars.

En Australie, les infrastructures médicales sont également de bonne qualité, mais les voyageurs français ne bénéficient pas d’un accord bilatéral permettant une prise en charge automatique de leurs soins. Une hospitalisation ou une opération peut donc occasionner un reste à charge important en l’absence d’assurance.

Même dans les pays où le coût de la vie semble moins élevé, les établissements privés ou internationaux pratiquent parfois des tarifs proches de ceux des pays occidentaux. Or, ce sont souvent ces structures qui accueillent les voyageurs et les expatriés lorsqu’ils recherchent des soins répondant à certains standards internationaux.

Voici quelques exemples anonymisés de dépenses déjà prises en charge pour des assurés en Asie du Sud-Est :

  • quatre jours d’hospitalisation pour une fracture du plateau tibial : 12 300 USD ;
  • sept jours d’hospitalisation pour une réparation du tendon d’Achille après un accident : 10 400 USD ;
  • six jours d’hospitalisation pour une forte fièvre avec suspicion de dengue : 3 000 USD ;
  • deux jours d’hospitalisation pour une gastro-entérite : 1 000 USD ;
  • un accident de moto ayant entraîné plusieurs fractures : 150 000 USD.

Ces montants illustrent les conséquences financières que peut avoir un problème de santé à l’étranger. Ils ne constituent toutefois pas des tarifs de référence : la facture dépend de la destination, de l’établissement, des soins réalisés et de la durée de l’hospitalisation.

Comment évaluer la qualité des soins à l’étranger ?

Il est difficile de comparer la qualité des soins à l’échelle d’un continent ou même d’un pays entier. D’importantes différences peuvent exister entre une grande ville et une zone rurale, ainsi qu’entre un hôpital public, une clinique privée et un établissement international.

Certaines destinations disposent d’hôpitaux très bien équipés dans leurs grandes métropoles, mais d’une offre médicale plus limitée dans les régions isolées. À l’inverse, un établissement privé peut proposer des soins de qualité tout en exigeant une garantie de paiement avant l’admission ou la réalisation de certains actes.

Dans les zones où les infrastructures sont insuffisantes, plusieurs difficultés peuvent se présenter :

  • absence de spécialiste ou de matériel médical adapté ;
  • accès limité aux examens d’imagerie ou aux analyses ;
  • indisponibilité de certains médicaments ;
  • distance importante avant de rejoindre un établissement adapté ;
  • nécessité d’un transfert médical vers une autre ville ou un autre pays.

Avant votre départ, consultez la rubrique conseils aux voyageurs de France Diplomatie, le site du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Les fiches par pays donnent des informations sur les risques sanitaires, les infrastructures médicales et les précautions recommandées.

Le consulat peut éventuellement fournir une liste de médecins ou d’établissements, mais il ne règle pas les honoraires, les frais d’hospitalisation ou le rapatriement. Ces dépenses restent à la charge du voyageur ou de son organisme d’assurance.

Quelles précautions prendre avant de partir à l’étranger ?

Avant un voyage, vérifiez les vaccinations recommandées ou obligatoires et consultez un médecin si votre destination ou votre état de santé le nécessite.

Si vous suivez un traitement, emportez une quantité suffisante de médicaments, conservés dans leur emballage d’origine, ainsi qu’une ordonnance mentionnant leur dénomination commune internationale. Certains médicaments autorisés en France peuvent être réglementés ou interdits dans d’autres pays : renseignez-vous auprès de l’ambassade ou des autorités douanières de votre destination.

Pensez également à noter :

  • le numéro d’urgence local ;
  • l’adresse d’un établissement médical adapté ;
  • les coordonnées de votre assistance ;
  • votre numéro de contrat d’assurance ;
  • les démarches à suivre avant une hospitalisation ou un acte coûteux.

Dans l’Union européenne, l’Espace économique européen, en Suisse et au Royaume-Uni, la Carte européenne d’assurance maladie peut faciliter la prise en charge des soins médicalement nécessaires. Elle ne garantit cependant pas un remboursement intégral et ne couvre pas le rapatriement.

En dehors de cette zone, l’Assurance Maladie française peut éventuellement rembourser certains soins urgents et imprévus au retour, mais cette prise en charge n’est pas garantie et reste limitée aux tarifs forfaitaires français.

Comment être couvert pour ses soins médicaux à l’étranger ?

Pour un séjour temporaire, une assurance voyage peut prendre en charge les frais médicaux et d’hospitalisation liés à une maladie ou à un accident garanti. Selon le contrat, le remboursement intervient dans la limite d’un plafond, après application d’une éventuelle franchise et sous réserve des exclusions.

Avant de souscrire, vérifiez notamment :

  • le plafond des frais médicaux ;
  • les conditions de prise en charge directe en cas d’hospitalisation ;
  • les soins dentaires d’urgence ;
  • les exclusions liées aux maladies antérieures ;
  • les activités sportives couvertes ;
  • les pays et territoires garantis ;
  • le service d’assistance disponible depuis l’étranger.

Prenez également le temps de lire les conditions générales de l’assurance. L’assurance voyage couvre principalement les événements imprévus survenant pendant la période assurée : elle n’a pas vocation à financer des soins programmés ou un voyage effectué dans un but médical.

Pour une installation durable, une assurance expatriation est généralement plus adaptée. Elle peut couvrir les soins courants et les besoins de santé sur le long terme, selon la formule choisie.

Comment fonctionne le rapatriement médical ?

L’assistance rapatriement peut organiser un transfert vers un établissement mieux équipé ou un retour vers le pays de résidence lorsque l’état de santé le justifie.

Le rapatriement n’est pas automatique et ne dépend pas du seul souhait du voyageur. La décision, la destination et le moyen de transport sont déterminés par l’équipe médicale de l’assistance, en concertation avec les médecins sur place.

Selon la situation, le transport peut être effectué en ambulance, en train, sur un vol régulier avec ou sans accompagnement médical, ou en avion sanitaire. En cas de décès, certains contrats prévoient également le transport du corps dans les conditions indiquées par la notice.

Les maladies et les accidents font partie des imprévus possibles d’un séjour à l’étranger. Se renseigner sur le système de santé local et choisir une couverture adaptée permet de mieux faire face aux conséquences médicales, financières et pratiques d’un problème sur place.

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