Personnes choquées se tenant côte à côte et regardant droit devant elles

Les phases de l'expatriation : les comprendre pour mieux s'adapter

Écrit par : Daniel L.

S’expatrier, c’est vivre une expérience où vous êtes confronté à une culture, un environnement et un mode de vie différents de ceux de votre pays d’origine. Selon la théorie lancée par Black et Mendenhall en 1990 et intitulée « U-curve adjustement theory », l’expatrié passe par quatre phases distinctes pendant son séjour à l’étranger.

La durée de chaque période dépend essentiellement de la personne et de ses facultés à s’adapter à sa nouvelle situation. Lumière sur les différentes phases d’une expatriation.

Les phases de l'expatriation  les comprendre pour mieux s'adapter

La phase « lune de miel » ou « spectateur »

À son arrivée, l’expatrié peut ressentir de l’enthousiasme, de la curiosité et un certain émerveillement face à son nouvel environnement. Les différences culturelles sont alors souvent perçues comme stimulantes et les aspects positifs de la destination occupent le premier plan. Cette période ne se présente toutefois pas de la même manière pour tout le monde. Certaines personnes la vivent intensément, tandis que d’autres rencontrent des difficultés dès leur arrivée.

La phase de crise dans l’expatriation

Lorsque la nouveauté s’estompe, les différences de langue, de codes sociaux, de rythme de vie ou de méthodes de travail peuvent devenir plus difficiles à gérer. Des démarches administratives complexes, l’éloignement des proches ou le sentiment de ne pas être compris peuvent également provoquer de la fatigue, de la frustration ou de l’isolement. C’est ce que l’on appelle couramment le « choc culturel ». Il ne survient pas nécessairement de façon brutale et ne constitue pas un passage obligatoire. Son intensité et sa durée varient selon la personne, sa situation et le soutien dont elle dispose.

La phase d’adaptation et de réglage

Avec le temps, l’expatrié comprend mieux les habitudes et les codes de son pays d’accueil. Les tâches du quotidien deviennent plus simples, de nouveaux repères apparaissent et les relations sociales peuvent se développer. S’adapter ne signifie pas renoncer à sa culture d’origine ni chercher à vivre exactement comme les habitants. Il s’agit plutôt de trouver un équilibre entre ses propres habitudes et celles de son nouvel environnement.

La phase de « maitrise » ou de « maturité »

Progressivement, l’expatrié peut se sentir plus autonome et plus à l’aise dans son pays d’accueil. Il sait davantage comment réagir aux situations du quotidien, développe son réseau et porte un regard plus nuancé sur son expérience, avec ses avantages comme ses difficultés.

Ces différentes phases ne suivent pas toujours un ordre précis. Elles peuvent se chevaucher ou réapparaître lors d’un changement professionnel, d’un déménagement, d’un événement personnel ou d’un retour temporaire en France. Le retour dans son pays d’origine peut d’ailleurs entraîner une nouvelle période d’adaptation. Après plusieurs années à l’étranger, les habitudes ont changé et la France peut sembler moins familière qu’auparavant : c’est ce que l’on appelle le choc culturel inverse.

Ce modèle des différentes phases de l’adaptation culturelle est notamment présenté par l’International Office de l’Université de Berkeley. Il reste toutefois une grille de lecture : ces étapes ne sont ni obligatoires ni toujours vécues dans cet ordre. Vous l’aurez compris, l’adaptation dépend de nombreux facteurs : la préparation au départ, la maîtrise de la langue, les conditions de vie, le soutien des proches, les relations sociales ou encore l’accompagnement proposé dans le cadre professionnel. Il n’existe donc ni calendrier précis ni « bonne » manière de vivre son expatriation.

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